Bonjour !
J'ai demandé de au créateur de Kore de reprendre la présentation qu'il a écrit pour vous présenter ce langage sur Melinyel donc voilà :
[image: kore2.png]
Qu'est-ce que Kore ?
Kore est un langage de programmation orienté objet dont le compilateur est en cours de développement. Le compilateur génère des exécutables x86.
L'objectif défini du projet est d'une part d'aboutir sur un langage générique qui soit accessible, concis, et performant, et d'autre part, de faciliter la création de jeux vidéo via sa librairie standard. Par ces objectifs, il faut comprendre qu'il s'agit de synthétiser ce qui peut l'être, de clarifier les syntaxes, et de disposer de base de librairies multimédia basées sur DirectX, OpenGL, etc.
Pourquoi un énième langage ?
La création d'un langage de programmation performant est sans doute l'une des plus intéressantes épreuves que l'on puisse imaginer pour un développeur. Bien que l'exercice en tant que tel soit plus un travail au long cours qu'un obstacle, il n'en reste pas moins extrêmement enrichissant, cela mettant en œuvre une multitude de techniques et de connaissances. Bien sûr, même si l'intérêt personnel est nécessairement (et heureusement) là, ce n'est pas la seule raison à la création de Kore.
Lorsque j'ai commencé à développer des jeux il y a plus d'une dizaine d'années de cela, j'ai entrepris l'apprentissage du Dark Basic, un langage dont la simplicité n'a d'équivalent que son manque d'optimisations. Au fil des années, j'ai fini par être amené à développer des dizaines de plugins pour le langage dans le but de l'améliorer. Mais au final, le résultat restait décevant, et c'est bien logique : le cœur du langage reste assez lent, chose que l'on ne peut malheureusement pas contrer en tant qu'utilisateur. Depuis, même si l'envie ne manque pas, le fait de développer avec ce langage est assez rebutant.
Parallèlement à cela, je n'ai rencontré à ce jour aucune solution gratuite et ouverte permettant de développer des jeux performants tout en gardant la simplicité de mise en oeuvre d'un Dark Basic. La plupart des outils qui disposent d'une telle facilité sont le plus souvent payant ou fermés, et les langages tels que le C++, s'ils amènent les possibilités, ils impliquent également un développement dont les contraintes nuisent au plaisir de développer.
J'ai donc commencé à créer mon propre langage sur ce modèle que j'avais apprécié du Dark Basic, à savoir simplicité du langage et mise en oeuvre immédiate.
Performances ?
Les exécutables générés à l'heure actuelle par Kore ont des performances intéressantes : dans les tests que j'ai pu effectuer (boucles sur des tests, calculs, etc), il en ressort que ceux-ci présentent une rapidité équivalente à celle du C dans la plupart des cas (compilation GCC/Visual Studio, optimisations off).
Cette rapidité est liée au fait que le compilateur génère directement du code Assembleur (la source .asm est générée automatiquement lors de la compilation, en même temps que l'exécutable), et utilise un design similaire et compatible à celui du C.
Pourquoi le nom de Kore ?
Par le passé, Kore fut connu sous les noms de Jade, ou encore JadeBasic. Avec l'avancée du développement du compilateur (débuté en 2006), le potentiel du langage fit qu'il devint intéressant de chercher à se détacher d'un nom trop commun, et qui fut récupéré par d'autres outils au fil des années.
Le nom "Kore" provient initialement d'une transformation du terme "C ore" (minerai de C), lié à la compatibilité du langage avec le C. Le choix du nom fut acté en raison des multiples sens dont il était porteur : la symbolique du noyau, forte pour un langage de programmation qui forme le coeur de tout logiciel. La signification du nom "Kore" qui lu en hiragana signifie "cela", "this" intéressante pour un langage objet. Ou encore le lien avec Perséphone, également appelée Kore, qui est la déesse grecque fille de Déméter. Kore étant en effet un langage intégrant une mécanique forte d'application de la loi de Déméter.
Quelles sont les caractéristiques du langage ?
Le langage suit trois principes régissant sa syntaxe :
ne pas avoir à écrire ce qui n'est pas utile à la lecture, si le compilateur est capable de le déduire
disposer d'une écriture concise mais claire, de mots-clés rapides à écrire et faciles à mémoriser
le langage ne doit pas limiter l'utilisateur dans l'accès bas niveau
Syntaxe :
Les sources d'inspiration du langage sont le C, le C#, Ruby, Eiffel, et Dark Basic. Kore emprunte différentes fonctionnalités à ceux-ci, notamment le principe d'accès uniforme.
Typage :
Le typage des variables est statique : une fois une variable typée, celle-ci ne peut plus changer de type. Le typage peut être explicitement realisé, mais également inféré par le compilateur : celui-ci déduit le type d'une variable à partir de l'expression qui lui est assignée. L'intérêt de cela est de permettre une plus grande souplesse d'écriture sans avoir à préciser constamment les types. Cela correspond typiquement à l'un des principes de Kore : le compilateur peut déduire le type, et le préciser n'est pas indispensable à la compréhension.
do // Boucle infinie.
...
loop
while conditionVraie
...
end
repeat
...
until conditionVraie
Boucles :
Les boucles implémentées sont plutôt classiques :
do // Boucle infinie.
...
loop
while conditionVraie
...
end
repeat
...
until conditionVraie
Conditions :
Là encore du classique :
if conditionVraie then ...
if conditionVraie
...
end
if conditionVraie
...
else
...
end
if conditionVraie
...
elsif
...
else
...
end
Modules :
Les programmes créés en Kore sont découpés sous forme de modules. C'est la structure hiérarchiquement de plus haut niveau. Un module peut contenir des classes, des fonctions et du code. Le code contenu au sein d'un module permet d'exécuter un code d'initialisation au chargement de celui-ci. Par défaut, le code écrit l'est dans le module "main" qui est exécuté au lancement d'une application.
module nomDeModule
// classes, énumération, etc.
def nomDeProcedure
...
end
def nomDeFonction as TypeRetourne
...
return valeurRetournee
end
// du code ici
end
Orienté objet :
Kore est orienté objet, dans la mesure de l'utilité et de l'efficacité des notions de l'orienté objet. Toutes ces notions ne sont/seront pas nécessairement incluses au langage. Une partie des fonctionnalités à ajouter est déjà établie, mais tout est susceptible d'évoluer grandement au fil de l'avancée du développement et des retours.
class NomDeClasse as ClasseHeritee
champ1 as TypeChamp
// constructeur
def new
end
// destructeur
def delete
end
def nomDeMethode
...
end
def nomDeMethode2 as TypeRetourne
...
return valeurRetournee
end
self def nomDeMethodeDeClasse
...
end
end
a = NomDeClasse.new // Instanciation.
a.nomDeMethode // Appel de méthode d'instance.
NomDeClasse.nomDeMethodeDeClasse // Appel de méthode de classe
a.delete // Destruction.
Enumérations :
Les énumérations permettent de gérer des listes de valeurs à utiliser comme paramètres. Les valeurs peuvent être définies explicitement si besoin est.
enum NomEnumeration
Champ1, // vaut 1
Champ2, // vaut 2
Champ3 = 8, // vaut 8
Champ4 // vaut 9
end
test = NomEnumeration.Champ3 // variable de type NomEnumeration valant Champ3
Tableaux :
Les tableaux en Kore sont des conteneurs de données multidimensionnels de type jagged array :
unTableau as integer() // Déclaration explicite d'un tableau d'entier.
unAutreTableau = integer(10) // Déclaration inférée et assignation d'un tableau de 10 integer.
unAutreTableau(0) = 13 // Assignation
unTableau = Classe(10,10) // Déclaration inférée et assignation d'un tableau de 10x10 Classe...
unTableau(0,0) = Classe.new // ... qui doivent être instanciéss.
Itérateurs :
Les itérateurs permettent de manipuler plus facilement les listes de données grâce à la boucle for...in :
def iterateur as int()
a = 0
while a <= 15
yield a // Retourne une valeur déclenchant une exécution du for.
a++
end
end
for a in iterateur
a.print // Affiche les nombres de 0 à 15.
end
Ou encore :
def premiers as int()
yield 3
yield 5
yield 7
yield 11
yield 13
end
for a in premiers
a.print
end
Headers :
Pas besoin ici de headers au sens C/C++ du terme, le compilateur analyse préalablement le code avant de le compiler. Déclarez, c'est prêt à l'emploi. Ce que je tends à appeler "header", ce sont les fichiers permettant d'importer des .lib. Moyennant la création d'un code d'import, toute bibliothèque suivant la conventions d'appel C standards cdecl, et exportant ses noms de fonction peut être utilisée.
Le code est détaillé un plus bas.
Evolution du langage :
Décembre 2006 :
début du projet sous forme de CLI (Command Line Interpreter)
déclaration implicite de variables
calculs arithmétiques
Courant 2007 :
support des tests logiques if...endif et if...else...endif
boucle do...loop
Décembre 2007 :
support de l'appel de fonctions externes issues de DLL
Juillet 2008 :
implémentation de la gestion des DLL comme plugins
gestion des chaînes de caractères
implémentation des fonctions utilisateur (0.007)
typage des variables (0.007)
support des structures à un niveau (0.008)
Août 2008 :
support des tableaux
itération for...to...next
code semi-compilé (bytecode interprété)
Septembre 2008 :
code compilé, utilisation de FASM (0.010)
les structures gèrent plusieurs niveaux d'imbrication (structures de structures)
implémentation d'opérateurs de manipulation des pointeurs (& et $)
Octobre 2008 :
remplacement des fichiers .dlls par les fichiers .lib
ajout d'un format de header pour les .lib
boucle while...endwhile
Novembre 2008 :
implémentations des tableaux dynamiques
suppression du CLI et de l'interpréteur de bytecode, le langage est dès lors uniquement compilé
début de création de l'IDE "Dragon"
Janvier 2009 :
options de compilations : SUBSYSTEM, ENTRY
support de l'assembleur dans le langage (asm...endasm)
Février 2009 :
support des calculs sur des nombres à virgule flottante
support des conversions de type
les fonctions gère maintenant pleinement les types de retour
reprise à zéro du compilateur
début d'implémentation des classes
amélioration du if pour gérer la structure if...then et if...elseif...else...endif
mots-clés break et continue
implémentation d'un garbage collector de type "mark and compact"
Courant 2009 :
retrait du garbage collector
debug et modifications mineures
Courant 2010 :
arrêt du support des structures
debug et modifications mineures
Mai-Juin 2011 :
support des classes (méthodes et champs)
debug et modifications mineures
Août 2011 :
implémentation des énumérations
implémentation des self def (méthodes statiques)
support des surcharges de méthodes et fonctions
modification du modèle de header (utilisation de la syntaxe du langage)
modifications de syntaxe : mot-clé de fin de structure unique "end", définition de fonction/méthode par le mot-clé "def"
déclarations à typage inféré
ajout des itérateurs pour la boucle for...in
révision des tableaux.
début de travail sur l'IDE
Septembre 2011 :
adoption du principe d'accès uniforme
implémentation des setter
début d'implémentation des références non nulles
mécanique de transfert d'appel permettant le respect de la loi de Déméter (couplage minimum)
implémentation des constructeurs par setter
Octobre 2011 :
mise en place des débuts du contrôle d'accès (public, private, etc)
établissement de la mécanique de def over (override avancé), et override de champs
transformation des types standard en classe
établissement de la mécanique de postfix
Février 2013 :
coup de boost sur l'IDE
Avril 2013 :
left et right shift
opérateurs booléens
amélioration des modules
type booléen
type string
implémentation du switch
début de la réécriture du compilateur en Kore
renommage du langage
Création de bibliothèques supplémentaires :
Cette section s'adresse aux personnes qui souhaiteraient développer (dans le futur) des bibliothèques supplémentaires pour Kore. Le langage a été conçu pour permettre à tout le monde de créer et d'ajouter sa propre bibliothèque au langage.
La création de telles bibliothèques s'effectue de manière simple, soit via des LIB, soit des DDL (uniquement Windows à l'heure actuelle, donc).
La seule chose à faire pour rendre votre bibliothèque compatible avec Kore est de créer un fichier reprenant la convention (avec entre crochet l'optionnel) :
[self] def NomDeFonction([arg1 as type, arg2 as type...argn as type]) [as type] alias NomDeFonctionCompile
Le nom de la fonction est celui qui sera utilisé sous Kore. Le nom de fonction compilé est le nom interne de la fonction dans votre bibliothèque après compilation et name mangling.
Vous devez nécessairement préciser la commande include "Bibliothèque.extension" pour que votre code soit fonctionnel.
Exemple :
module kore<br> include "Jade_Console.lib"
class Console
self def write(value as string) alias "_Print"
self def write(value as bool) alias "_PrintBool"
self def write(value as int) alias "_PrintInt"
self def write(value as float) alias "_PrintFloat"
self def pause alias "_Pause"<br> end <br>end
Le fichier de code Kore créé devra être placé dans le dossier "Headers", tandis que la bibliothèque compilée le sera sous le dossier "Library".
Historique :
12/07/2008 : Première release publique (v0.001)
13/07/2008 : Release v0.002
13/07/2008 : Release v0.003
13/07/2008 : Release v0.004
14/07/2008 : Release v0.005
26/07/2008 : Release v0.006
27/07/2008 : Release v0.007
27/07/2008 : Release v0.008
13/09/2008 : Release v0.011
A venir : Release v0.100
Aucun téléchargement disponible à l'heure actuelle
Tout avis sur le langage et sa syntaxe m'intéresse : est-ce simple, complexe ? Agréable à lire ? Quelles fonctionnalités vous sembleraient intéressantes pour un langage de ce genre ? Il faut des avis, donc allez-y, lâchez-vous !
Voici les sources de ce langage : https://github.com/kore-lang/compiler